Sur une installation de Ludovic Boney à Action Art Actuel (Saint-Jean-sur-Richelieu) du 15 mars au 21 avril 2018, adaptée ensuite pour Le Lieu – Centre en art actuel (Québec) en 2019 et la Galerie Pierrre-François-Ouellette Art Contemporain (Montréal) en 2021.
Connu pour ses œuvres monumentales réalisées dans le contexte de l’application de la Politique d’intégration des arts à l’architecture Ludovic Boney complète ici un cycle de présentations en galerie échelonnées sur la dernière année, ses premières expositions individuelles à ce jour. Présentée au centre Action Art Actuel d’artistes de Saint-Jean-sur-Richelieu, l’installation NSPSLL!, acronyme de la consigne parentale «ne sautez pas sur les lits», s’inscrit dans la continuité de Afin d’éviter tous ces nœuds exposée à Oboro en avril 2017 et Sous les chatons présentée à la Galerie Michel Guimont en décembre la même année.
Inspirée par l’espace d’Oboro et ses planchers qui craquent, Afin d’éviter tous ces nœuds consiste en une plate-forme de bois que traverse un sentier étroit bordé de 2000 tiges verticales dont les têtes s’ornent de fanions de sacs de plastique. La flexibilité des planches soutenues seulement à leurs extrémités permet que l’ensemble s’anime lorsqu’on y déambule, en faisant valser cette prairie métallique comme les herbes d’un pré. Le craquement du bois, le cliquetis des tiges qui s’entrechoquent et le froissement des sacs composent alors une trame sonore en phase avec notre déambulation. En contraste avec l’alignement des lattes du plancher, les planches de cette passerelle rappellent l’arrangement de terres cultivées vues à vol d’oiseau. Ce geste sculptural monumental s’appréhende aussi en retrait comme un paysage que l’on contemple et que d’autres animent devant nous.
Présentée à la galerie Michel Guimont durant la période des Fêtes, Sous les chatons se déploie comme une nuée de 15 000 fleurs de bouleau en céramique suspendues au plafond. La quantité impressionnante d’éléments forme une canopée enveloppante, auquel répond une couronne de branches de sapin déposée au plancher. Perceptible de jour comme de nuit à travers la vitrine de la galerie, l’ensemble multicolore constitue un clin d’œil monumental aux boules dont on décore les arbres de Noël et évoque l’opération de séduction commerciale à l’œuvre à cette période de l’année.
Les préoccupations pour le parcours et l’expérience du territoire servent aussi d’amorce à NSPSLL!.
Pour compléter la lecture de cet article : Perrault, M. (2018). Compte rendu de [Hédonisme délirant. NSPSLL! de Ludovic dans https://espaceartactuel.com/product/120/ ou sur https://www.erudit.org/fr/revues/espace/2018-n120-espace03981/88827ac/