Entre oiseaux

Vue générale, Salle 1. Guillaume Bégin Champagne(g.) et Éloïse Plamondon-Pagé (dr.) Photo Anthony François.

Cette exposition explore ce que les oiseaux sont et font, et comment leurs comportements captent notre intérêt. Avec des oeuvres de Guillaume Bégin Champagne (Montréal, Qc), Éloïse Plamondon-Pagé (Québec, Qc), Graeme Patterson (Sackville, N.-B.), Meryl McMaster (Chelsea, Qc), Dominique Paul (Longueuil, Qc) et du duo Richard Ibghy et Marilou Lemmens (Durham-Sud, Qc).

Depuis quelques années, mon travail de commissaire a porté sur le territoire et l’écologie, notamment en 2022 lors de la Triennale Banlieue, produite par la Salle Alfred‑Pellan de la Maison des arts de Laval, aujourd’hui nommée l’Espace muséal Alfred-Pellan. De retour au Musée de Rimouski, après plusieurs collaborations, j’ai voulu arrimer ces intérêts personnels à des expériences caractéristiques des environs de Rimouski. En 2024, lors d’une visite printanière au parc national du Bic, j’ai constaté la forte mobilisation de biologistes et d’ornithologues au Belvédère Raoul‑Roy, reconnu comme un observatoire privilégié du passage migratoire des oiseaux au printemps. Cette exposition a été conçue pour coïncider avec la migration printanière, qui s’étend de la mi‑mars à la mi‑juin.

Toutefois, le propos ne s’articule pas à strictement parler autour de ce phénomène, mais aborde plutôt l’imaginaire que le voisinage des oiseaux stimule en nous, offrant ainsi une portée plus large à l’exposition. La fascination croissante qu’exercent la gent ailée sur plusieurs d’entre nous, qu’on la remarque par hasard ou que l’on cherche à l’observer, constitue en effet une part importante de ce qui nous relie à elle. Cette exposition explore donc ce que les oiseaux sont et font, et comment leurs comportements distincts des nôtres captent notre attention et nourrissent notre imaginaire.

Les artistes de la relève ou établis réunis ici mettent en avant ces divers points de rencontre. Leurs œuvres décrivent les cohabitations réciproques entre oiseaux et humains, autant que les interactions des oiseaux entre eux, et l’impact cumulatif des actions humaines sur leurs milieux de vie . Elles soulèvent, d’un même souffle, des questions touchant à la protection des populations aviaires et de leurs environnements.

L’exposition ouvre donc notre horizon au delà du Musée et porte sur l’environnement immédiat de ce dernier, les richesses du territoire qui l’accueille et que nous partageons avec d’autres êtres vivants. Elle s’inscrit dans la « Trilogie sur le territoire », le cadre artistique nouvellement revu de l’institution, qui se décline en trois volets : l’intime (territoire personnel et introspection), le relationnel (contact avec autrui, le vivant et l’inanimé) et le géographique (habitat et migration). Se déployant comme des rhizomes, ces volets se recoupent sans hiérarchie, se répondent en écho et invitent à repenser notre relation au monde comme un réseau vivant plutôt que dans une perspective linéaire.

Guillaume Bégin Champagne, Le chant des oyseaulx, installation sonore avec masques instruments de céramique, 2025-26. Photo : Anthony François

https://hiboux.bandcamp.com/album/oyseaulx-sonnans
Collaboration de Hugo Tremblay pour la bande sonore et d’Athanasia Blounas pour la conception des socles. Installation réalisée avec le soutien du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ).

Guillaume Bégin-Champagne

Cette installation tire son nom de l’œuvre pour chœur de Clément Janequin, Le chant des oyseaulx (1528), faisant intervenir une quantité impressionnante d’onomatopées imitant des chants d’oiseaux. Initié à un très jeune âge à cette œuvre musicale en tant que choriste, Guillaume Bégin Champagne est fasciné par son évocation de la nature et sa capacité à lier culture et environnement naturel. L’œuvre soulève d’ailleurs chez lui cette question : « Peut-on aspirer à une meilleure conscience de la richesse du monde naturel en essayant de l’imiter? ».
De tailles et de formes variées, les instruments de ce chœur sont conçus de façon à couvrir intégralement ou en partie le visage, leur conférant aussi un statut de masque. Leur apparence s’inspire de la multiplicité de formes, de motifs et de couleurs que l’on retrouve chez la gent ailée. Ils ne sont pas accordés en fonction d’une justesse musicale stricte. Les sons qu’ils produisent sont directement influencés par le caractère vivant et changeant de l’argile, une matière façonnée à la main et sensible à l’humidité et la sécheresse ambiantes, ainsi qu’à la chaleur. Chacun exprime donc une réalité unique et en jouer nécessite une ouverture à ce caractère propre. Combinés, ils s’entremêlent en une polyphonie recréant un foisonnement d’oiseaux fantasmés, une sorte de forêt pour l’oreille.

Guillaume Bégin Champagne, Le chant des oyseaulx, 2025-26 (détail). Photo : Anthony François

Guillaume Bégin Champagne vit et travaille à Montréal. D’abord formé en musique classique et en conception sonore, il décroche un baccalauréat en arts plastique à l’Université Concordia en 2021, où il fait converger ses intérêts pour la musique et les arts visuels. Il s’initie ensuite à la céramique et produit un vaste corpus d’instruments de musique expérimentaux, notamment utilisés lors de prestations publiques au Centre d’art Rozynski (Barnston-Ouest, Qc) en 2023.

Vue générale, salle 1. Éloise Plamondon-Page (g.) Graeme Patterson (dr.). Photo Anthony François

Éloïse Plamondon-Pagé
Naviguant entre la photographie, la vidéo, l’installation, l’estampe, le dessin et l’écriture, Éloïse Plamondon Pagé explore les instants transitoires et furtifs qui nous traversent, nous habitent et nous façonnent. Basée à Québec, elle a participé à plusieurs résidences et projets de création en Amérique, en Europe, au Moyen-Orient et en Asie, où elle a aussi exposé son travail lors d’expositions individuelles ou collectives et de biennales internationales. À travers ce parcours nomade, elle s’intéresse à l’expérience du « local » et de l’« ailleurs » comme source de création, ainsi qu’à l’empreinte que les territoires familiers ou étrangers laissent en elle.

Éloïse Plamondon-Pagé, Trajectoires insulaires, 2026. Dessins à l’encre de chine reproduits à la main sur feuille de polyéthylène, contreplaqué russe, merisier. (détail). Photo : Anthony François

À l’automne 2025, Éloïse Plamondon-Pagé a parcouru 230 kilomètres du littoral des Îles-de-la-Madeleine, à la rencontre des oiseaux qui peuplent ce territoire. Elle a alors consigné dans de petits carnets rouges la trajectoire des oiseaux croisés. Un piqué, une vrille, un plané se transforment ainsi en autant de signes inscrits dans le ciel comme sur le papier. Cherchant à saisir les instants d’une nature immense et de son fragile équilibre écologique, son approche fondée sur une lenteur choisie, ouvre la voie à des instants extraordinaires – de ceux que le quotidien nous dérobe trop souvent.
L’artiste a également pris soin de géolocaliser chacun de ses dessins, chacune de ses rencontres avec la vie aviaire. L’accumulation de points bleus sur le mur de la galerie fait apparaître son trajet. Émerge alors une cartographie sensible, où son parcours et ceux des oiseaux s’entrelacent et s’inscrivent sur le papier et dans le territoire, dessinant les contours de l’archipel.
Trajectoires insulaires (2026) a été réalisée en collaboration avec AdMare, centre d’artistes en art actuel des Îles-de-la-Madeleine.

Éloïse Plamondon-Pagé, L’envolée, 2020 (8 min 39 sec)

Croquée sur le vif à Portneuf, L’envolée documente un moment d’émerveillement devant un envol massif d’oies des neiges au passage d’un bateau. Un moment presque impossible à représenter sous forme d’un dessin. Ne reste alors que la fascination de l’artiste devant le sentiment d’être submergée au cœur d’une multitude d’oiseaux en migration.
« J’étais partie filmer les oies à Portneuf. À droite du quai. J’étais partie filmer comme je le fais un peu tous les jours, pour collectionner des fragments de vie. Je suis passée par les champs, j’ai sauté le ruisseau puis je me suis empêtrée dans la vase mouvante. J’ai atteint la plage, marée descendante. J’ai déployé mon trépied, installé ma caméra vidéo, cadré, puis j’ai appuyé sur « record ».
J’étais loin de me douter que j’allais voir l’un des plus beaux spectacles de ma vie… »(E. P.-P.)

Graeme Patterson, Strange Birds, 2023. Animation numérique de scènes filmées en extérieur et prestations avec des costumes et des marionnettes (version abrégée (Durée originale : 31 min 52 sec)

Graeme Patterson

Alliant sculpture, costumes et maquettes, animation image par image, robotique, programmation interactive, réalité virtuelle et musique, le travail de Graeme Patterson nous plonge au cœur d’un univers onirique. Fruit d’un processus créatif lent et méticuleux, son œuvre nous entraîne dans des mondes parallèles chargés d’émotions, de rêves, de jeux, de souvenirs, et imprégnés de nature et de nostalgie, explorant des thèmes personnels, sociaux et écopolitiques à travers un mélange d’humour absurde et de récit de soi.
Élément d’un vaste corpus instalatif, la vidéo expérimentale Strange Birds, ici visible dans une version abrégée, combine animation et prises de vues réelles. Elle met en scène des spécimens anthropomorphisés d’étourneaux sansonnets et de grands hérons, deux espèces communes dans la région de Rimouski. En tant qu’alter ego de l’artiste, voire de l’espèce humaine, ces « personnages » explorent dans un récit circulaire toutes sortes de relations avec le territoire qu’ils habitent. Tout comme dans les écosystèmes du Bas-Saint-Laurent ou du Nouveau-Brunswick, où vit l’artiste, les étourneaux sansonnets de Strange Birds représentent une espèce envahissante qui se propage de manière incontrôlable au point d’affaiblir l’écosystème déjà vulnérable des marais. Ils constituent ainsi une menace pour le grand héron bleu, pour qui cet habitat est privilégié. Finalement, dans cette fable, la mer submerge le monde où vivent ces deux oiseaux étranges, effaçant toute trace de leur présence et ne laissant qu’un seul étourneau piégé sur une minuscule île.

À travers ce conte fantastique, nous sommes transportés dans un paysage irréel et humanisé, qui reflète de manière troublante notre propre monde, aujourd’hui menacé par la montée du niveau des mers due à la crise climatique.

Graeme Patterson, Strange Birds, 2023. Blue Heron (marionnette). Photo : Anthony François

Au cours des 20 dernières années, Graeme Patterson a produit les corpus Woodrow, Secret Citadel et Strange Birds, présentés en tournées pancanadiennes, notamment à la Galerie de l’UQAM (Qc), à la Beaverbrook Art Gallery, (N.-B.), à la Dalhousie University Art Gallery (N.-É.) et à la Grenfell University Art Gallery (T.-N.-L.). Né à Saskatoon, Graeme Patterson vit et travaille à Sackville (N.-B.).

Meryl McMaster
D’origine crie des Plaines et membre de la nation Siksika, Meryl McMaster explore son héritage culturel personnel et celui des Premières Nations à travers des autoportraits photographiques. Elle utilise des stratégies empruntées à l’art de la performance et de l’installation pour revisiter des sites naturels historiques du paysage canadien. Elle renoue ainsi avec son héritage métissé, autochtone et européen, et revendique ces territoires au nom des Premières Nations.

Meryl McMaster, Harbourage for a Song, 2019 (g.) et There Are No Footprints Where I Go, 2019 (dr). Photo : Anthony François

Les nombreux lieux qu’elle visite ont une signification particulière pour ses ancêtres directs, car ils ont été le théâtre de moments importants de leur vie. Elle a voyagé dans le centre et le sud de la Saskatchewan, ainsi que dans les sites des premières colonies en Ontario et à Terre-Neuve. Ces pèlerinages lui permettent d’approfondir sa compréhension de la culture des Premières Nations et de la réinterpréter à travers la photographie, grâce à une profonde transformation personnelle. Elle cherche ainsi à renouer avec ceux qui l’ont précédée en parcourant les terres sur lesquelles ils ont vécu.
Dans les œuvres de la série « As Immense As The Sky » réunies pour cette exposition, la figure emblématique du corbeau lui sert de guide dans cette quête, tandis qu’en tant qu’artiste, elle se présente comme la gardienne du territoire et des êtres vivants qui l’habitent, ainsi que des traditions qui la lient à eux.

Meryl McMaster a étudié à l’Université de l’École d’art et de design de l’Ontario à Toronto, où elle s’est spécialisée en photographie. Elle a participé à des expositions au Musée des Beaux-Arts du Canada à Ottawa, au Musée des Beaux-Arts de Montréal, à l’Art Gallery of Ontario et au Museum of Contemporary Canadian Art à Toronto, ainsi qu’au National Museum of American Indian de la Smithsonian à Washington, aux États-Unis. Elle a représenté le Canada dans la triennale New Worlds: Women to Watch 2024 au National Museum of Women in the Arts à Washington.

Vue générale. Salle 2. Richard Ibghy et Marilou Lemmens (g.) et Dominique Paul (dr.) Photo : Anthony François

Dominique Paul
Artiste multidisciplinaire, Dominique Paul vit et travaille à Longueuil et est représentée à New York par Miyako Yoshinaga. Au moyen de photographies et de collages, d’installations et de dispositifs numériques, elle met en scène des oiseaux d’espèces et de provenances diverses. Elle invite à se pencher sur leur monde singulier et à se préoccuper de leur devenir, notamment celui des espèces menacées, ou en voie de disparition.

Dominique Paul, Parle-moi : Talk to Me, 2023 (détail). Photo : Anthony François

Parle-moi, 2023, consiste en une installation sonore interactive de
chants d’oiseaux enregistrés par Vladimir Arkhipov, Thomas Beverly, James Bradley, David A. Brinkman, Phil Brown, Rolf A. de By, Scott Connop, David Darrell-Lambert, Paul Driver, Bill Evans, Ted Floyd, Ross Gallardy, Anthony Gliozzo, Manuel Grosselet, Steve Hampton, Meena Haribal, Caleb Helsel, Jim Holmes, Doug Hynes, Bruce Lagerquist, Livon, Paul Marvin, Claire Mazard, Christopher McPherson, John A. Middleton Jr., Ron Overholtz, Jean Christophe Pratt, Rainforest Connection, Sue Riffe, Martin St-Michel, Andrew Spencer, Peter Ward and Ken Hall, Richard E. Webster, Bobby Wilcox, Matt Wistrand et téléchargés à partir du site xeno-canto.org, dans le cadre d’une licence Créative Commons.
L’œuvre nous convie à entrer en dialogue avec les 33 espèces d’oiseaux en péril au Québec et quelques-unes d’Amérique. Au moyen de la technologie numérique, nous sommes invités à parler à l’un des oiseaux du dispositif qui offrira en réponse le chant ou le cri d’un oiseau qui correspond à notre voix, à son rythme, à sa tonalité. L’œuvre nous convie à découvrir les espèces fragilisées et à développer de l’empathie pour celles-ci pendant qu’il est encore temps de les protéger.

Dominique Paul, Damoiseaux, 2020-2021 (g. et ar.-plan)) et Parle-moi : Talk to Me, 2023 (dr.). Photo : Anthony François

Dessins et collages assemblés numériquement, impressions avec pigments sur papier, découpées au laser et insérées entre deux feuilles d’acrylique découpées au laser.

Damoiseaux représente 33 espèces aviaires en péril au Québec et quelques-unes d’Amérique. Parmi celles-ci, l’artiste a effectué une sélection d’espèces en migration survolant la région de Rimouski et d’oiseaux de rivage et de prés. Ces derniers ayant perdu leur habitat au profit de l’agriculture industrielle dont 80 % des champs servent à produire des céréales pour nourrir le bétail et produire de l’éthanol.
À travers ces représentations comportant des éléments anthropomorphes, l’artiste nous sensibilise aux rapports étroits que nous entretenons avec les oiseaux et aux enjeux liés à la dégradation de l’habitat et à l’insécurité alimentaire que nous partageons avec eux. Elle met ainsi sur un pied d’égalité leur vulnérabilité et la nôtre, afin de nous encourager à poser des gestes en vue de leur conservation et de la protection des territoires leur servant d’habitats, comme le projet de soutien de la population d’hirondelles à front blanc mené à Pointe-au-Père par le Club des ornithologues du Bas-Saint-Laurent.

Richard Ibghy et Marilou Lemmens

Richard Ibghy et Marilou Lemmens, Bibliothèque d’outils communautaire pour les oiseaux, 2021 (détail). Photo Anthony François

Bois, fibres animales, plastique, métal, matières organiques et inorganiques, papier et encre, 185 x 72 x 60 cm

Rappelant un atelier ou un cabanon de jardin, Bibliothèque d’outils communautaire pour les oiseaux contient une variété d’accessoires que les oiseaux utilisent, certains empruntés aux humains.
Les penseurs occidentaux ont longtemps cru que les humains étaient les seuls à se servir d’outils. On sait maintenant que cette pratique est courante chez les animaux, en particulier chez les primates et les oiseaux. Sur un mode ludique, cette œuvre de Richard Ibghy et de Marilou Lemmens présente un exemple fantaisiste de comportements propres aux oiseaux à cet égard. La référence à la bibliothèque renvoie à la notion de culture, brouillant en cela l’opposition entre Nature et Culture longtemps au cœur de la définition du vivant dans la pensée occidentale.
Dans son organisation même, l’oeuvre imite aussi le classement plus ou moins systématique d’une bibliothèque et la disposition d’outils à portée de «main» d’un atelier de réparation ou de bricolage. Elle sous-entend ainsi que les oiseaux ne sont pas si différents des humains et entretiennent des échanges constants avec eux. En effet, les oiseaux leur chapardent souvent de petits objets et imitent même des bruits de leurs activités, dans le cas d’oiseaux moqueurs. En soulignant avec humour, ces aspects de leurs comportements, Ibghy et Lemmens mettent en avant les rapports réciproques liant intimement les humains aux oiseaux.

Richard Ibghy et Marilou Lemmens, Les maisons, 2024. (maquettes). Photo : Anthony François

La petite maison : 6 x 2 x 2 m / La grande maison 6.4 x 2 x 2 m
Les composantes d’habitabilité ont été conçues avec l’assistance de Chelsey Paquet, biologiste, coordonnatrice de conservation au Zoo de Granby. Les structures ont été réalisées par l’équipe de Robert Hardy inc. Réalisée dans le cadre de la Politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement du Québec.

Les maisons est une œuvre d’art qui adopte une approche pragmatique pour le rétablissement des martinets ramoneurs, une espèce d’oiseau menacée au Québec, tout en agissant au niveau esthétique, symbolique et pédagogique pour les humains.
Réalisée sur le site de l’École du Zénith, une école primaire bâtie à Shefford en 2024, l’œuvre est constituée de deux structures extérieures permanentes en forme de prismes triangulaires : La grande maison et La petite maison.
Le parement des structures est fait de briques émaillées colorées et poursuit l’exploration de l’abstraction géométrique des artistes. À l’intérieur, les structures ont été conçues en consultation avec une spécialiste de la conservation afin d’offrir un espace de nidification adapté aux besoins des martinets ramoneurs.
Ce travail vise à créer des solidarités à l’échelle locale – sur le terrain et de manière concrète – afin de développer des solutions opératoires pour le vivant.

Richard Ibghy et Marilou Lemmens créent des installations, des vidéos, des sculptures, des photographies, des livres d’artistes et des œuvres d’art public. Dans le cadre d’une pratique collaborative, ils se penchent depuis plusieurs années sur l’histoire et le pouvoir des méthodes scientifiques, dont le langage de l’économie, la magie des statistiques, la capacité des modèles à influencer l’avenir, l’esthétique de la visualisation des données et le design des expériences en laboratoire. Plus récemment, leurs œuvres ont porté sur un élargissement des concepts d’hospitalité, de soin et de communication entre les espèces. Leurs œuvres ont fait l’objet de nombreuses expositions monographiques au Québec, au Canada et à l’étranger. Ils ont de plus participé à plusieurs événements internationaux. Leur travail a été soutenu lors de nombreuses résidences d’artistes et récompensé par plusieurs prix. Ils vivent et travaillent à Durham-Sud, au Québec.

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