Geneviève Baril ancre son travail dans une pratique régulière de la marche et de la cueillette en nature dans le respect de la capacité de régénération du territoire. Elle présente une première itération de Anthologie de la marche (2022) dans le cadre de la Biennale nationale de sculpture contemporaine de Trois-Rivières en 2022.
Cette installation ancrée dans la région où elle travaille et elle demeure, l’amène à parcourir les berges du Saint-Laurent, les abords de zones agricoles et les forêts de la Mauricie.

L’œuvre se déploie en deux parties et est présentée dans des espaces distincts. Dans Broder le temps / La simplicité des choses est difficile à dire, l’artiste réarrange en formes simples des aiguilles et des écailles de pommes de pins. L’accumulation de ces éléments minuscules minutieusement juxtaposés dans ces cubes ou des tableaux témoignent d’un long et lent travail de confection et d’une fréquentation assidue de la forêt. Dans le second volet, Je serai ton miroir / Mon jardin sera un lieu de résistance et de rébellion, les spécimens de plantes sauvages très peu transformés sont accrochés à des cadres suspendus, au rythme des marches récurrentes de l’artiste. Geneviève Baril nous convie ainsi à faire avec elle l’expérience du territoire et de sa transformation au fil de la saison. Prégnant, le parfum des fleurs sauvages mises à sécher nous projette d’ailleurs corporellement au cœur des milieux naturels parcourus, alors que l’odeur de leur lente altération les inscrit dans un cycle de vie, de mort et de renaissance au cœur des processus naturels.

En 2024, l’artiste a été invitée à réitérer les mêmes gestes dans le cadre d’une résidence d’artiste au Centre d’art de Kamouraska, afin d’explorer un autre territoire selon les mêmes protocoles. Elle projette d’ailleurs d’explorer ainsi les différents milieux de vie des rives du fleuve Saint-Laurent, notamment celle des îles qui s’y trouvent. Elle ne visite pas ces lieux en touriste, mais s’en imprègne profondément dans une pratique régulière de la marche et de la cueillette. De nature « holistique », sa démarche d’exploration et d’observation de la nature, s’apparente à une démarche scientifique systématique. Elle se concentre toutefois sur une expérience incarnée de la nature plutôt que sur sa nomenclature, et nous invite à tisser un lien de symbiose plus riche avec notre environnement.

Découvrir la démarche artistique de Geneviève Baril.
Consulter la page web Capsules art et environnement de la Fondation Grantham pour l’art et l’environnement : https://www.fondationgrantham.org/capsules-art-et-environnement, Capsule #15 pour ce texte.